Cérémonie d’ouverture
DISCOURS DE MADAME 
LE MINISTRE DE LA CULTURE
Bamako, Place du cinquantenaire
21 janvier 2018
Avant tout propos, celle que vous avez intronisée Yaïré, à travers ma modeste personne, voudrait, respectueusement, solliciter auprès des anciens, l’autorisation de s’adresser à ce beau public, et demander leurs bénédictions au cours de toute cette allocution.
Merci !

  • Mesdames et messieurs;
    C’est un immense plaisir pour moi, de souhaiter la chaleureuse bienvenue à toutes et à tous, à cette grande fête de la culture malienne, condensé d’une civilisation millénaire dont chaque fréquentation est un enseignement, comme l’ont dit et écrit d’éminents spécialistes des sciences humaines d’ici et d‘ailleurs. 
    Cette fête se tient à un moment où notre nation connait des épisodes funestes marqués par des atrocités dignes d’une autre époque, perpétrées sur nos populations ainsi que nos frère venus nous appuyer dans notre combat pour la patrie. 
    J’ai une pensée pieuse pour toutes les personnes, victimes de ces actes d’ignominie barbares et inhumains nous ne les oublierons jamais.
    En leurs mémoires Je voudrais humblement vous demander de consacrer dans la piété du silence une minute de méditation et de prières pour le repos de leurs âmes. Je vous remercie.

Monsieur le Ministre de la Cohésion Sociale de la paix et de la réconciliation Nationale

  • Mesdames et messieurs ;
    A l’occasion de la 4è édition du festival culturel OGOBAGNA que nous lançons aujourd’hui, se présente à vous une nation dans ce qu’elle est réellement. C’est à dire un ensemble de femmes et d’hommes qui recousent le tissu d’une cohésion sociale renaissant des cendres des vicissitudes de l’histoire. Vous aurez au cours du Festival culturel des filles et des fils d’un même espace territorial vous disant qu’ils sont nourris du même héritage ancestral et qu’ils resteront soudés à jamais. Leur viatique, me demanderez-vous, Des valeurs communes qui transforment les spécificités en complémentarités donc en richesses. 
    Et c’est le message de cette 4è édition orientée vers ce que l’homme a de meilleur, ce lait de la tendresse humaine qui abreuve ceux qui viennent du Sud Et du Nord, de l’Ouest et de l’Est. C’est cela le Mali qui transcende les régions, les religions, les extractions communautaires appelées ethnies.
    Le thème du festival de cette année est : « L’architecture du pays dogon : transmission du savoir et savoir-faire, éco construction et villes durables ».Pars a pertinence, il véhicule le message de ce que l’homme a comme abri, comme confort, comme intimité comme protection et aussi comme vision du monde que représente l’habitat, résumé des besoins immédiats et futurs. 
    Cette projection de l’architecte reflète la culture au sens de manière d’être, de savoir, de savoir être et de savoir faire. Nous assistons à l’expression contemporaine de valeurs du pays Dogon, de notre pays à nous tous, célébrées il y a plus d’un siècle par des anthropologues de renom qui ont fait mieux connaître au monde ce que nous étions.

Fort des acquis des sessions précédentes, le Festival Culturel « OGOBAGNAN » s’impose de plus en plus comme un moment culturel majeur de notre pays. Plus qu’un divertissement, il demeure un lieu d’expression de nos valeurs artistiques et culturelles. 
Il demeure surtout un instrument de dépassement des conflits par le biais d’utilisation d’outils sociologiques qui permet de conserver notre barque commune intacte, c’est à dire de demeurer une vieille nation une et indivisible qui, jamais ne sombrera.

Le Festival Culturel est l’autre nom du rejet de la division, des inutiles querelles intestines. Il est synonyme de l’ouverture à l’autre, du refus de la haine et de l’ostracisme.

Plus que les éditions précédentes, celle de cette année fixe dans le marbre la volonté de mettre fin aux caricatures qui sont faites de notre désir de vivre en commun dans le bonheur comme dans le deuil. 
Cette capacité de rester ensemble quand les défis sont nombreux et paraissent au-dessus de toute mesure est notre marque de fabrique. C’est elle qui nous rend inaccessibles aux divisions factices, aux affrontements accidentels et aux incompréhensions passagères. C’est ce que nos artistes vont nous offrir chaque soir avec talent et engagement. Ils vont prouver que la Culture a la solution car la culture est la solution.

Mesdames et Messieurs,

Faudrait-il ajouter que la culture est une composante essentielle du développement durable, une locomotive de croissance économique. 
A ce titre, elle contribue de manière significative, par le biais du patrimoine culturel matériel et immatériel, des industries culturelles et créatives et par divers moyens d’expression artistique au développement économique, à la stabilité sociale et à la protection de l’environnement. Elle permet surtout de se hisser au-dessus de ce qui divise et de réunir les régions, les religions, les communautés. C’est le noble objectif de cette 4è édition de célébrer ce qui nous met ensemble dans la richesse de nos héritages respectifs, qui sont l’autre façon de nommer l’identité culturelle, sans laquelle nous perdons nos repères historiques et devenons les jouets de l’histoire en devenir.

Mesdames et Messieurs,
La culture a un rôle multidimensionnel en tant que secteur d’activités mais aussi en termes de valeurs et de normes qui orientent l’action humaine. Selon une étude menée par l’UNESCO, ces 20 dernières années, la culture comme secteur productif a pris une part croissante dans les économies nationales. A cet effet, les activités et les industries culturelles deviennent des moteurs de croissance permettant ainsi la diversification des économies nationales, la génération des ressources et la création d’emplois. C’est le sens de la mission qui nous est confiée par les hautes autorités de notre pays.

En effet, le Festival Culturel « OGOBAGNA », j’ai plaisir à le répéter, offre un espace de rapprochement de cultures, de régions et de religions et même de coutumes différentes sans être opposées. Sa vocation est d’être un endroit de confluence des peuples ; c’est à dire le contraire des clivages, des replis identitaires et des frontières politico-ethniques.

Mesdames et Messieurs,
Durant une semaine, la cité légendaire des trois caïmans, vibrera au rythme des belles sonorités et des mélodies venues de toutes les contrées et aires culturelles de notre pays.

Les célébrités locales et nationales à travers leurs génies créateurs, leurs prestations, leurs talents insoupçonnés nous feront voyager dans l’univers traditionnel et mythiques et nous ferons découvrir les pages glorieuses, les gênes de notre culture.

Mesdames et Messieurs,
Je ne saurais terminer mon propos sans adresser mes sincères et vifs remerciements aux autorités Administratives, politiques, à la Commission d’Organisation, ainsi qu’à tous ceux qui de loin ou de près ont contribué à la réussite de l’évènement.
Excellent Festival Culturel. Que Dieu bénisse le Mali !!!
Je vous remercie de votre très aimable attention